Cancer du sein

6 bonnes raisons de ne PAS te faire dépister !

Cancer du sein : 6 bonnes raisons de ne PAS te faire dépister ! Oui, bon j'avoue, j'ai fait exprès de choisir un titre provocateur pour que tu lises cet article... Mais bon, ça a marché, regarde tu as cliqué ! Nan, plus sérieusement, cet article ne t'incite pas à ne plus jamais poser ton cul sur la table d'un médecin (quoique?), c'est juste qu'avant de le faire, il y a deux trois petites choses que tu devais savoir...1/C'est pas parce que tu vas te faire dépister que tu vivras plus longtemps qu'une autre, au contraire. C'est pas moi qui le dit, c'est le Docteur Gérard Delépine (Chirurgien orthopédiste et oncologue maintenant à la retraite) : « il y a autant de femmes qui meurent de leur cancer qu'elles soient dépistées ou non dépistées ». Se faire écrabouiller les seins dans une grosse machine, n'y changera rien, tu vivras pas plus longtemps après ça.

La plus grande étude jamais réalisée pour évaluer l’impact du dépistage par mammographie, réalisée au Canada sur 90 000 femmes et publiée en 2014 dans le British Medical Journal, a conclu que les femmes ayant réalisé des mammographies ne vivaient pas plus longtemps que les autres [1].

[1] Twenty five year follow-up for breast cancer incidence and mortality of the Canadian National Breast Screening Study : randomised screening trial2/ La mammographie c'est même carrément dangereux ! Le dépistage par mammographie, c'est pas un examen anodin. En plus d'être un des trucs les moins agréables après la séance gynéco les quatre fers en l'air, il peut s'avérer dangereux, en particulier pour les jeunes femmes et les femmes en pré-ménopause. Et comble du LOL, tu devineras jamais quels sont les risques ? Tu peux choper un cancer en dépistant un éventuel cancer !

Nan mais je déconne pas, y a trente-deux ans déjà, le Dr Henri Pradal, pharmaco-toxicologue, alertait : « Il est facile de démontrer que la radiographie des seins de toute une population féminine particulièrement exposée au cancer provoque davantage de processus cancéreux qu’elle n’en dépiste [2]. » Effarant non ?

La pratique annuelle de deux mammographies sur chaque sein pendant une période de dix ans par exemple, provoque une exposition à 5 rads pour chaque sein. Ce qui veut dire que si une femme commence à subir des mammographies annuelles dès l’âge de 45 ans, à 75 ans elle aura reçu 30 rads.(Pour info : les femmes ayant survécu aux bombardements de Hiroshima ou Nagasaki ont absorbé 35 rads). Évidemment, ce chiffre est proportionnel à l’âge du début des mammographies, ce qui est d'autant plus effrayant, à l’heure où on nous bassine pour les pratiquer de plus en plus tôt !

[2] L’atelier de la mémoire

3/ Le nombre de cancer du sein explose ! Oui, mais la mortalité due à ces cancers, elle, n'augmente pas... Comment t'expliques ça Marisol ? (Ah ben ouais c'est vrai, tu l'expliques pas, t'as pas eu ton diplôme à Harvard ! :-P ). Ben j'm'en vais te le dire moi, c'est pas bien compliqué à comprendre : on déclare « cancéreux » des gens tout simplement en bonne santé, c'est pas plus compliqué que ça. Plus subtilement, on appelle ça du « sur-diagnostic ».

Une étude de 2009, publiée dans le British Medical Journal, démontre que plus de la moitié (52 %) des cancers diagnostiqués par mammographie sont des sur-diagnostics, autrement dit un «cancer» diagnostiqué alors qu’il n’aurait jamais été perçu au cours de la vie du patient, et qu’il n’aurait modifié ni sa qualité de vie, ni sa durée de vie.

Les mammographies de routine ont conduit comme ça plus d'un million de femmes aux Etats-Unis à être traitées inutilement contre un cancer du sein depuis 30 ans[3]. Non mais 1 MILLION ?!?! POUR RIEN !!!

[3] Plus d’un million d’Américaines traitées inutilement d’un cancer du sein | Résultats publiés dans le New England Journal of Medicine (NEJM) du 22 novembre 2012
4/ Il est possible que tu n'aies qu'un « faux-cancer » ou un « gentil-cancer » Toutes les meufs développeront un jour un carcinome du sein in situ ! Bim ! Dans ta gueule ! Eh ouais, dit comme ça, il fait un peu flipper le carcinome, mais en fait, pas de quoi paniquer bibiche... Pour ce qui est du cancer du sein, il est tout à fait normal de développer à un moment ou à un autre de sa vie, un carcinome machin machin, ou « pseudo-cancer ». Bien souvent, il sera éliminé naturellement, sans causer la moindre douleur, le moindre stress, le moindre danger. Ou alors, il va grandir tout doucement dans son coin et t'auras huit fois le temps de crever de ton cancer des poumons avant ! Donc pas de quoi s'inquiéter tu vois... Mais prends garde, si t'as le malheur d'aller te faire dépister au moment où carcici pointe son nez, tu peux être sûr qu'on te sortira «Vous avez le cancer !».5/ Quotas à respecter, primes à la clef Les autorités ont mis en place des quotas de chirurgies, chimio et toute la panoplie. Mais c'est pour ton bien ma Josianne : « La pratique suffisante et régulière d'une équipe pour assurer une prise en charge de qualité a justifié la mise en place des seuils annuels d'activité définis pour la chirurgie des cancers, la radiothérapie et la chimiothérapie. » Mais bien sûr, on lui dira ! C'est ainsi que les établissements médicaux sont contraints de réaliser au moins 30 interventions chirurgicales par an (pour les cancers du sein, les cancers digestifs, urologiques et thoraciques), de traiter au moins 600 patients par an en radiothérapie externe et 80 en chimiothérapie. [4] Nan mais normal quoi ! Bon, et puis on va arrêter de se voiler la face, tu te doutes bien que si les gentils médecins étaient convaincus que le dépistage par mammo était une bonne chose, y aurait pas besoin non plus de leur mettre une carotte devant le nez pour qu'il en fasse la promo. Or, les ROSP (Rémunération sur Objectifs de Santé Publique), offrent 6000 à 8000 euros annuels aux médecins s’ils réussissent, entre autres, à convaincre 80% de leurs consultantes à rentrer dans le programme de dépistage systématique.

Les ROSP (Rémunération sur Objectifs de Santé Publique), offrent 6000 à 8000 euros annuels aux médecins s’ils réussissent, entre autres, à convaincre 80% de leurs consultantes à rentrer dans le programme de dépistage systématique.[5]

[4] Arrêté du 29 mars 2007 fixant les seuils d’activité minimale annuelle applicables à l’activité de soins de traitement du cancer
[5] Ministère de la santé : La rémunération des médecins sur objectifs de santé publique
6/ Évidemment, les conflits d'intérêt Dépister plus pour soigner plus ! Bah ouais, fallait bien que l'affaire rapporte à quelqu'un... Le conflit d’intérêts est juste honteux : le sur-diagnostic et ses victimes profitent directement à l'industrie du médicament. Depuis 2007, au niveau mondial, les médicaments contre le cancer sont au premier rang du chiffre d’affaire par pathologie. [6] Autre exemple pour la route : la fondation Komen (Susan G. Komen Breast Cancer Foundation), une importante fondation américaine de recherche contre le cancer du sein, dédie une grande partie de son budget au dépistage, et donc à l'achat de mammographes. Et ils ont choisi (en toute impunité bien sûr) de les acheter à General Electric. Jusqu'ici tout va bien. Sauf qu'en creusant un peu, on s'aperçoit que l'un des importants contributeur de la fondation Komen est... Je vous le donne en mille : General Electric !
[6] « Conflits d’intérêts et surdiagnostic du cancer du sein » – Bernard Junod (médecin de santé publique et épidémiologiste)
[7] Ben Goldacre – Bad Pharma : le côté sombre de l’industrie pharmaceutique

Alors que faire ?

Déjà, réfléchir… Par toi même. Et te faire ton propre avis quant aux dépistages de masse organisés. (Ça marche aussi pour le cancer de la prostate, les vaccins…). Je ne dis pas ici qu’il faut totalement oublier l’idée d’un dépistage, mais qu’il faut juste arrêter de nous bassiner toute la journée avec ça. Les stars qui s’affichent boobs à l’air dans les magazines, à la TV, les courses à pied en faveur de la recherche, l’opération marketting « Octobre Rose », les pubs…………………………………..

C’EST BON, JE CROIS QU’ON A COMPRIS L’IDÉE LÀ !!

La mammographie est peut-être un bon outil de diagnostic mais pas de dépistage. Et puis, un bon pelotage de miche est tout aussi efficace il paraît donc tu sais ce qu’il te reste à faire ! 😉

Pour en savoir plus :

Articles / Sites web :

Livres :

  • Rachel Campergue – « No Mammo ? Enquête sur le dépistage du cancer du sein »

Vidéos :

 

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5 réflexions sur “Cancer du sein

  1. Pfiou, je savais pour la dangerosité des examens à force d’années et aussi le « bon » cancer car ma mère en a un depuis des années, mais le reste c’est un peu flippant, notamment les quotas ! 😮
    Bon, personnellement je ne suis pas un cas à risque, j’ai à peine 32 ans et sans soucis familiaux, donc en principe j’ai du temps, mais n’empêche, je file me faire tripoter chaque année quitte à finir aussi les 4 fers en l’air ! On ne sait jamais, ça peut aller tellement vite ces conneries …

  2. Que faire ? Commence par savoir de quoi tu parles… Je suis infirmière en oncologie, et je trouves tes propos dangereux et criminels !!
    Premièrement, il n’y a pas de « bon-cancers », un Carcinome in situ EST un cancer, il est simplement très localisé avec un prognostique favorable si traité. Par contre s’il n’est pas diagnostiqué à temps, il évolue et devient difficilement guérissable.
    Ensuite, le nombre de cancers est en majoration, du à l’augmentation des dépistages. La mortalité n’augmente pas, elle diminue. Pourquoi ? Grâce aux dépistages, ces cancers peuvent être pris en charge rapidement, avec donc une mortalité plus faible !
    Effectivement, les dépistages doivent être réalisés correctement, dans la population concernée. C’est lorsqu’il est bien réalisé qu’il permet de sauver des vies.
    Si ce sujet vous intéresse réellement, n’allez pas vous renseigner sur doctissimo ou via des études datant de plus de 30 ans… Pour la santé de mes patients, merci de ne pas diffuser des informations totalement erronées et mal documentées. Lou

  3. Bonsoir Lou,
    Je pense que vous y allez un peu fort en me disant carrément que mes propos sont criminels, non ?! J’ai justement essayé de donner envie aux lecteurs de cet article d’aller se renseigner par eux-même sur le sujet avant de prendre une quelconque décision… Malheureusement il semble que nous ne soyons pas d’accord sur le sujet, et je doute arriver à vous convaincre, donc je ne m’y essayerai pas.
    Toutes les réponses à vos commentaires sont dans mon article et il serait inutile de les copier ici à nouveau. Mais vous n’avez pas dû prendre le temps de le lire en entier, sinon vous sauriez que les études que j’ai citées sont tout à fait d’actualité et reconnues par de grands médecins.
    Bien amicalement. Marina.

  4. Je fais partie de l’équipe de Cancer Rose. Bravo ! vous m’avez fait bien rire! :-))
    Comme çà fait plaisir !
    Vous mettre en images amusantes l’état des lieux que nous présentons sur notre site https://www.cancer-rose.fr/ (encore mal référencé parce que nouvellement refait, parce que salement saboté en Octobre Rose dernier par on ne sait qui … ) . En même temps, tout ce que vous dites est vrai. Ne cherchons pas à convaincre les illuminé(e)s d’Octobre Rose, les adeptes de l’Eglise de Dépistologie : elles sont dans la croyance et même si on leur présentait et on leur décortiquait les études parues récemment, elles diraient encore que c’est faux et préfèrent de loin l’argument d’Autorité paternaliste (le dépistage sauve des vies, pris à temps, le cancer se guérit mieux) . AUCUNE étude – je dis bien AUCUNE ETUDE – ne prouve actuellement que le dépistage réduit la mortalité par cancer du sein, et réduit la lourdeur des traitements (ce serait même l’inverse pour les mastectomies, et c’est d’ailleurs la CPAM elle-même qui s’en étonne) . Aucune étude n’a jamais été entreprise en France pour évaluer d’efficacité du dépistage en terme de réduction de mortalité ou de réduction des mastectomies. L’histoire naturelle du cancer est mal connue et on ne sait pas encore prédire l’évolution d’un tumeur qui peut-être agressive très rapidement (cancers de l’intervalle), évoluer lentement ou régresser. A moins que ces études n’aient été publiées sur une obscure revue martienne en cour de traduction ? Même Jerôme Viguier de l’INCa, reconnait du bout des lèvres le surdiagnostic et le surtraitement, c’est dire. Car l’Inca lui -même , qui a quand même un minimum d’éthique scientifique est coincé avec cette histoire. Oui, je sais, pour les croyantes inconditionnelles, c’est la douche froide. Une belle croyance bien entretenue par des associations qui en vivaient, sur les traces d’Estée Lauder, tout un ecosystème économique, avec ses courses en rose, qui s’effondre ! Une croyance qui s’effondre, c’est pas facile à vivre, c’était si bon de croire qu’on allait toute nous sauver du cancer .. mais , rassurons celles qui ont besoin de croire en ce genre de choses : on va leur concocter des tests prédictifs génétiques (improbables), on leur proposera un test (non remboursé) de dosage d’ADN circulant et on leur conseillera bien évidemment d’aller se faire faire un scanner-echo-mammo-biospie ( au choix, ou tous ensemble) et de renouveler çà le plus souvent possible. Ouf! le tout est de sauver l’honneur de la nouvelle Eglise de « médecine personnalisée », le nouveau business model en cours d’élaboration.

  5. Merci pour cette page si sympa et véridique ! Vous avez tout compris ! L’infirmière qui vous traite de « criminelle » défend son service. Les conflits d’intérêts ça connait pas évidemment ! Je vous conseille ce site où l’ont traite différemment des traitements du cancer, entièrement élaboré par des malades et leurs proches.
    http://guerir-du-cancer.fr/ sans aucun soutien d’aucun laboratoire ou autre.

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